Site icon CoHop Gray🚀

L’expérience de Asch

effet expérience de asch question

En amont de l’expérience de Milgram sur la soumission à l’autorité, on peut évoquer l’expérience de Solomon Ash sur le conformisme réalisée en 1950 et publiée un an plus tard. Ici, pas de torture morale mais simplement une pression sociale pernicieuse afin de savoir si les sujets testés se plieront à un jugement de valeur validé par un nombre donnée de leur pairs ou se positionneront en antagoniste en s’en tenant à leur opinion propre.

Moins déconcertante que les résultats obtenus 10 ans plus tard par Milgram, il n’en demeure pas moins que le taux moyen de conformisme de 30% obtenu est remarquable et incite à se poser des questions sur les possibles dérives et manipulations appuyées sur de tels ressorts psychologiques.

Asch De quoi s’agit-il?

Un groupe de 4 à 7 étudiants (fait intéressant car diamétralement opposé à l’échantillon de Milgram) était censé participer à un batterie de test sur la vision et les illusions d’optiques. Ces individus étaient tous assis derrière une longue table rectangulaire et faisaient face à un tableau et à un expérimentateur. Ce dernier leur présentait des cartes sur lesquelles étaient tracées des lignes verticales parallèles de diverses longueurs.

Sur le côté gauche, il y avait une ligne seule et sur le côté droit des cartes on trouvait un choix de trois lignes notées A B et C. Seule une ligne était d’une longueur identique à la ligne de gauche. Il est à noter que les lignes étaient clairement différentes et que seul une personne présentant de réels troubles de la vue aurait pu avoir des difficultés à trouver la bonne réponse.

Les étudiants complices (de 3 à 6 selon les groupes) répondaient de façon volontairement erronée à 12 questions sur les 18 posées. Dans plus de 30% des cas, l’étudiant testé se rangeait à l’avis du groupe contre son propre jugement. S’il est difficilement envisageable que les étudiants et étudiantes mis dans cette situation se soient sincèrement trompés, il est beaucoup plus raisonnable et logique de penser qu’ils n’ont pas bien répondu pour une raison de pression sociale. Selon un irrépressible besoin de se conformer au groupe dont ils faisaient partie et de ne pas se mettre en porte à faux. Il est intéressant de constater que de facto un grand nombre d’individus se débarrasse de leur libre arbitre dans un souci de cohésion et donc de conformité sociale.

Le test a été structuré sur une question simple et à laquelle tout un chacun pouvait sans problème répondre correctement sans notion de culture, d’éducation ou de quotient intellectuel (à moins d’être réellement déficient mental).

Des variations intéressantes furent ajoutées lors de certaines séries. Des groupes uniquement féminins débouchant sur un plus grand conformisme. Un étudiant donnant les bonnes réponses avant et/ou après l’étudiant testé faisant baisser radicalement le taux de conformisme. De même que la taille du groupe, en dessous de trois avis « erronés », les sujets ne ressentaient pas de besoin de cohésion sociale. C’est une donnée intéressante car elle permet de comprendre pourquoi il importe dans les régimes totalitaires de briser la plus petite cellule sociale afin de pérenniser la dictature et d’empêcher les regroupements.

La même expérience fût reproduite aux États-Unis dans les années 80 mais cette fois-ci, les questions (annoncées comme simples et accessibles) portaient sur de la culture générale particulièrement pointue. Les étudiants complices répondaient cette fois comme si les demandes étaient effectivement faciles induisant un conformisme sur les sujets testés dépassant cette fois les 70% en moyenne.

Evidemment, on ne peut pas réellement comparer les deux expériences car dans ce derniers cas, un phénomène de honte s’ajoute au besoin de conformisme mais il n’en demeure pas moins que c’est un facteur aggravant et notable. En effet, dans la vie réelle, les questions ne sont pas simples et les réponses ne coulent pas de source. Il est plus tentant de s’en remettre aux « dépositaires » de la connaissance.

Lien vers le PDF de l’expérimentation de Asch

Que faut-il en tirer comme information?

Que faut-il en tirer comme conclusion?

Quitter la version mobile